Voulez-vous devenir patron ?

Un article dans le journal de Montréal, et paru sur LCN ce matin m’a quelque peu laissé perplexe.  L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) a effectué un sondage sur internet, demandant si les gens seraient intéressés à prendre la place de leur patron, si on leur offrait.

Plus de la moitié des travailleurs, soit 53 %, affirment qu’ils ne la prendraient pas.  À hauteur de 62 %, les femmes sont plus nombreuses à ne pas vouloir de l’emploi de leur supérieur, alors que ce pourcentage est de 46 % chez leurs homologues masculins.  Ces résultats me surprennent quelque peu, en fait je trouve les pourcentages élevés, et l’article nous donne peu d’explications sur les motifs des gens ayant répondus non.   Je trouve pourtant que le monde du travail est très compétitif, que les relations entre collègues sont parfois tendues.  Pourquoi, si ce n’est que pour avoir des promotions? Pour accéder aux postes de direction.  Dans cette optique, les résultats du sondage sont déphasés par rapport à mon expérience.

Je me demande bien pourquoi il en est ainsi.  Est-ce que les gens ne prendraient pas la position de LEUR parton immédiat ?  Dans LEUR organisation actuelle ?  Peut être la question était-elle trop large ? Peut être y a-t-il des raisons en lien avec l’entreprise pour laquelle elle travaille ou encore avec la personnalité du patron ?  Est-ce parce que l’on ne veut pas déplaire aux autres, on ne veut pas perdre des amis ? Est-ce que les gens ont moins d’ambition qu’avant , ou est-ce parce qu’il ne veulent tout simplement pas de responsabilité et de surcharge de travail ?  Il me semble qu’il y a aussi des avantages et une certaine reconnaissance avec les postes de gestion.  Je suis perplexe et je crois que je ne suis pas la seule !

Pour le PDG de l’Ordre, Florent Francoeur, ces résultats ne constituent pas une bonne nouvelle. Même plus, ils constituent « une sonnette d’alarme » pour les gestionnaires.

« Le problème lié à la relève est sournois et souvent mis de côté dans plusieurs entreprises. Or, les dirigeants doivent concevoir de solides stratégies pour bien la préparer, car c’est un enjeu vital pour la survie et l’avenir des organisations », a-t-il commenté mercredi.

Ces résultats font dire à M. Francoeur qu’il est temps de changer la culture des longues heures de travail dans certaines entreprises.

« Ce n’est pas parce qu’un employé passe plus de temps au bureau qu’il est plus performant. La performance se mesure plutôt par les résultats atteints », a-t-il souligné.

Ma réflexion m’amène à faire un lien avec un autre article, parue sur le blog du Gestionnaire Borg récemment.  Il traite de la zone de confort. et sur celui-ci, qui nous questionne sur le gestionnaire en nous.  Comme le dit si bien le Gestionnaire Borg :

Notre zone de confort est, en quelque sorte, notre pire ennemi. C’est une sirène attirante, ses chants sont envoûtants, mais ne vous laissez pas berner par ceux-ci. S’enfoncer dans sa zone de confort c’est renoncer à développer ses compétences, à s’améliorer, à progresser, à devenir meilleur, à confronter ses démons afin d’en sortir grandi.

Sommes-nous trop bien dans notre zone de confort ?  Sommes-nous assez bien pour ne pas vouloir devenir patron ?

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Posted in Motivation, Ressources humaines.

Caroline Gagnon

2 Comments

  1. C’était effectivement un peu surprenant cette majorité nette. On entend souvent les gens « chiâler » contre leur patron, qu’eux feraient mieux à leur place, mais dans les faits ils ne sont pas si nombreux que ça à vouloir ce poste, ou plutôt les inconvénients liés au poste.

    Je me souviens d’un endroit où ils ont dû relever le niveau de salaire des gestionnaires, ceux-ci gagnant moins que leurs employés, n’ayant plus droit aux heures supplémentaires. Même à salaire supérieur, les employés qui veulent travailler plus d’heures ne sont plus légion.

    1re hypothèse : c’est peut-être un signe de maturité pour certains qui réalisent que ce n’est pas tout le monde qui a les aptitudes pour être patron.

    2e hypothèse : le nombre d’heures supérieur des postes de gestion n’est pas très attirant dans notre monde du travail où les X veulent la conciliation travail famille, les Y plus de loisirs et les boomers la semaine de 4 jours.

    3e hypothèse : peut-être un mélange d’un restant judéo-chrétien (pas bien de gagner de l’argent et de bosser les autres), complexe Québécois (on est nés pour un petit pain) et de cynisme (me donner du trouble pour me faire regarder de travers par les boss ET les employés ? non merci)

    J’espère bien que c’est l’hypothèse no 1, sinon ça ne sera pas facile pour l’entrepreneuriat dans les prochaines années… Et j’abonde avec le fait que les entreprises mesurent encore trop souvent le succès avec le nombre d’heures et l’ancienneté plutôt qu’à la performance réelle.

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