Le génie industriel – La mine d’or des employeurs

Voici un article de Josée Descôteaux paru dans la dernière édition du magazine Energia destiné aux diplômés de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Je vous le présente ici afin de vous introduire à la profession d’ingénieur industriel… et au meilleur programme de formation en génie industriel… celui de l’UQTR. 😉


Le pactole : un cerveau sur deux pattes et des compétences pour améliorer la productivité. Le hic, c’est que deux chefs d’entreprise convoitent cette perle… qui n’a pas encore son diplôme en mains! La scène est fictive, mais vraisemblable et ce scénario se reproduit chaque année au Département de génie industriel de l’UQTR.

En revanche, il est peu probable que vous entendiez un jour, dans le bureau d’un enseignant, les récriminations d’un ex-étudiant devenu ingénieur industriel qui peine à trouver du boulot… « La mission première de l’ingénieur industriel est d’améliorer la productivité de l’industrie; c’est pour ça que nos ingénieurs sont en demande, souligne François Gauthier, directeur du Département de génie industriel. Il y a souvent plus d’offres que le nombre d’étudiants disponibles ! », ajoute-t-il.

Et pourtant, les professeurs de ce département ont « façonné » un grand nombre d’ingénieurs industriels, puisque ce dernier est né au début des années 70, après le génie physique et avant le Département de génie chimique.

L’école Polytechnique et l’ÉTS (École de technologie supérieure) offrent également un programme en génie industriel, mais le baccalauréat offert à l’UQTR est unique : son curriculum vitae est majoritairement constitué de cours dédiés au génie industriel, plutôt que de n’y compter que des cours optionnels dans ce domaine.

On y reçoit en moyenne une quarantaine d’inscriptions annuellement, faisant en sorte qu’environ 120 à 130 étudiants fréquentent le programme qui s’échelonne sur une période de quatre ans.

Ceux-ci peuvent par la suite passer au deuxième cycle, en choisissant une des deux spécialisations – productique ou sécurité et hygiène industrielles – de la maîtrise en génie industriel. Ils ont ensuite la possibilité de poursuivre au doctorat en génie industriel, offert en partenariat avec l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi). Il est à noter que le Département de génie industriel de l’UQTR offre également un certificat en santé et sécurité au travail.

D’autre part, cette branche de la profession d’ingénieur n’échappe pas au multiculturalisme de la faune estudiantine, signale François Gauthier. « Il y a cinq à dix ans, nous étions ceux qui comptaient le moins d’étudiants immigrants. Il faut dire que dans les pays en voie de développement par exemple, le besoin d’ingénieurs mécaniques est plus grand. Mais la situation a changé, avec maintenant 20 à 25 % de notre clientèle provenant de l’étranger ».

Du stage à l’emploi, il n’y a qu’un… pas d’inquiétude!

À moins d’être totalement désenchanté ou dépourvu de débrouillardise, un finissant en génie industriel peut dormir sur ses deux oreilles en pensant à son avenir professionnel : le taux de placement dans ce domaine frôle le 100 % ! Selon le directeur du Département de génie industriel de l’UQTR, les stages crédités intégrés au programme d’études contribuent grandement à l’atteinte de ce taux de placement, alors que bon nombre d’entreprises « repêchent » leur ex-stagiaire à la fin de ses études. Celles-ci convoitent en effet les ingénieurs industriels, dont l’expertise en matière d’amélioration de la productivité vaut son pesant d’or…

Pour les finissants de l’UQTR, les PME sont un terreau riche en emplois, notamment parce que son Département de génie industriel a tissé des liens avec ces entreprises, par le biais de l’Institut de recherche sur les PME de l’UQTR. « Notre département a fait découvrir à plusieurs PME les bénéfices d’avoir un ingénieur industriel », signale son directeur, François Gauthier. Sièges de motomarines et tables de cuisine; au sein de PME concevant des composantes pour BRP (Bombardier Produits Récréatifs) ou de PME fournisseurs du fabricant de meubles Canadel, les ingénieurs industriels diplômés de l’UQTR mettent leur grain de sel dans la fabrication des produits, en en améliorant, par exemple, les temps de production. La conception d’usines, l’optimisation des processus et des méthodes de travail s’ajoutent à ces domaines d’expertise. On requiert également leurs services dans les grandes entreprises telles que Bell Helicopter et une partie d’entre eux roulent leur bosse dans les firmes de consultants.

Les ingénieurs industriels de l’UQTR font aussi leur nid dans le secteur des services, où on les sollicite de plus en plus, mentionne M. Gauthier. « Par exemple, chez Postes Canada, Purolator ou chez Loblaws, nous améliorons les processus pour faire en sorte que les routes de transport soient optimales, en contrôlant notamment le taux de rotation des produits dans les entrepôts », conclut-il.

La recherche… collée à l’industrie

Des pièces d’avion aux meubles, en passant par le cheminement des patients dans les départements d’un hôpital; les méninges des chercheurs du Département de génie industriel contribuent au progrès d’entreprises de secteurs diversifiés.

La Chaire de recherche Bombardier Aéronautique a pour but d’améliorer la productivité et la performance de PME sous-traitantes ou fournisseurs de Bombardier. Son titulaire est le professeur Georges Abdul-Nour. Les ingénieurs de la Chaire industrielle de recherche sur la productivité et l’innovation en réseau dans le secteur du meuble (dirigée par le professeur Denis Lagacé) « travaillent avec les fabricants de meubles afin, entre autres, d’améliorer les communications entre les soustraitants et les fournisseurs, ou encore pour améliorer la performance des unités de production », enchaîne François Gauthier, directeur du Département de génie industriel. Le département peut également compter sur le soutien du Conseil national de recherches Canada (CNRC), qui a financé de nombreuses cartographies de la chaîne de la valeur réalisées par ses professeurs dans plusieurs PME de la province.

Les machines. La productivité. Les ingénieurs industriels s’y frottent depuis belle lurette, mais à l’UQTR, ils ont élargi leur horizon de recherche pour embrasser le secteur de la santé et des services. Et ils comptent bien s’arrimer à ce créneau, au dire de M. Gauthier.

« La production industrielle se délocalise. C’est pour cela que nous misons sur le secteur des services et que nous tâchons de le conserver. Pour y arriver, il faut nous assurer d’avoir les ressources nécessaires. Nos programmes seront donc désormais teintés avec cette approche; nous développons présentement de nouveaux cours optionnels en lien avec le génie industriel dans le secteur des services tant au premier qu’au 2e et 3e cycle », explique-t-il. Dans cette optique de l’ingénierie des services, son département a créé le Laboratoire interdisciplinaire de recherche et d’intervention dans les services de santé (LIRISS), qui a pour mission de développer des pratiques permettant aux services de santé d’accroître leur efficience. Ses chercheurs ont d’ailleurs déjà réalisé un projet dans le cadre duquel on examinait le cheminement d’un patient à l’intérieur du pavillon Sainte-Marie du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR). Ainsi, on notait l’heure à laquelle le patient était soumis à des radiographies, puis à quelle heure il était en consultation avec son médecin, afin, entre autres, de s’assurer qu’il n’y ait pas de perte de temps entre chacune de ces étapes « et que le moins de ressources (humaines) possible soient utilisées pour le transport du patient », ajoute M. Gauthier.

Les centres de prélèvements sanguins de la Mauricie sont la prochaine cible du LIRISS, qui tentera d’améliorer l’organisation de ce service soumis à l’affluence de patients se présentant à jeun à la clinique sur une plage horaire restreinte. Le projet est au stade embryonnaire, mais le laboratoire a déjà conclu des ententes avec les établissements de santé de la région, indique M. Gauthier, en précisant qu’il faudra attirer davantage d’étudiants pour mener à terme d’autres missions.

Et la gagnante est… l’UQTR!

Ces mots magiques ont bien souvent mis un terme à la nervosité des étudiants de génie industriel de l’UQTR participant aux compétitions de génie, en dessinant un sourire sur leur visage, beaucoup plus fréquents que les airs dépités de la déception.

« Année après année, nous remportons beaucoup plus que notre quote-part de participation aux compétitions! », signale François Gauthier, directeur du département.

La compétition de l’IIE (Institute of Industrial Engineers) voit chaque année s’affronter une dizaine d’universités qui offrent un programme de génie industriel. Les gagnants des compétitions régionales présentent leur projet de fin d’études lors de la compétition nationale. L’UQTR a occupé rien de moins que la première ou la seconde place au cours des quinze dernières années. Ses lauréats peuvent ensuite s’inscrire à la compétition nord-américaine.

Le Département de génie industriel de l’UQTR a par ailleurs crié sept fois « Victoire » lors de dix participations à la compétition canadienne d’ingénierie organisée par la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes en génie.

Quel est le secret de ce succès? Selon François Gauthier, « la relation professeur / étudiant, qui est hors du commun chez nous, contribue énormément à ces succès ».

L’étoile de ses étudiants brille aussi dans la réalisation de projets en collaboration avec d’autres universités nord-américaines : ils exploitent ainsi actuellement leurs talents dans la conception d’une voiture de course hyperperformante. « Nous participons aussi à la conception du Mini-Baja, un VTT construit à partir de rien », ajoute M. Gauthier.

Assurément, les étudiants du Département de génie industriel de l’UQTR ne se construisent pas à partir de rien…

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Pascal Veilleux

2 Comments

  1. Tres bel article. La veritabel question est de savoir combien de finissants trouvent du boulot en Genie industriel en comparaison aux finssant de genie electrique et genie mecanique de l UQTR

  2. Pingback: De nos archives | NSI Solution inc.

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