Le patron imparfait

Stéphane Simard est blogueur invité sur le blogue de NSI Solution. Visitez le www.conneXionY.com pour découvrir comment il supporte les entreprises dans la mise en place de stratégies d’attraction, de motivation et de rétention pour réduire leur taux de roulement.


En prenant régulièrement le temps de vous arrêter pour vous connecter à vous-mêmes, vous pouvez de mieux en mieux cerner vos priorités, vos limites, vos valeurs et vos objectifs, bref, vous pouvez rester centré sur qui vous êtes. Et surtout, vous verrez de plus en plus les avantages d’être vous-même partout.

Un autre avantage de rester centré sur vos valeurs profondes est que cela vous évite du stress. En effet, si on vous demande de faire une action en contradiction avec ce en quoi vous croyez, cela crée une tension inutile et, lorsque ces événements s’accumulent, peuvent mener à beaucoup de frustrations et éventuellement à des problèmes de santé.

Vous ne pourrez pas toujours faire ce qui vous plaît, mais le fait d’exprimer votre désaccord et les raisons qui le justifient permettent à votre patron de mieux vous connaître et à vous de pouvoir influencer ses futures décisions.

Ne sous-estimez pas l’influence que vous avez sur votre patron. Sa réaction sera peut-être négative sur le coup, mais je suis sûr que votre point de vue teintera ses prochaines décisions. C’est un humain imparfait, lui aussi (même si vous avez l’impression qu’il l’a parfois oublié…)

Vous ne pouvez compter que sur votre patron pour humaniser votre travail : vous avez aussi un rôle important à jouer. Le rôle de votre patron consiste à mettre en place une ambiance qui favorise votre épanouissement, mais ce sont souvent nos limites intérieures qui nous bloquent.

On recherche des excuses extérieures pour se justifier, mais nous entretenons souvent un discours limitatif (réel ou en pensée) qui nous empêche d’accéder à un plus grand bonheur au travail. Les conditions favorables ne peuvent se substituer à votre désir de participer à la construction de votre milieu de travail.

Il y a souvent une déconnexion profonde entre nos valeurs personnelles et celles véhiculées par notre patron. Lorsque cela se produit, on avale parfois sa pilule pour éviter de tomber dans les mauvaises grâces de la direction. On se dit alors, qu’il a probablement ses raisons, que chacun a droit à ses valeurs, que l’on n’est pas obligé d’être d’accord sur tout avec tout le monde, etc. Tout cela est vrai, mais le problème ce n’est pas que vous soyez d’accord ou pas avec votre patron : c’est de ne pas pouvoir en discuter avec lui.

De grandes divergences non discutées entre les valeurs profondes des individus qui forment une équipe est malsain. Cet écart crée un stress inutile, une blessure à l’âme qui, si elle est suffisante, devrait vous motiver à entreprendre un changement. Votre patron agit d’une manière contraire à vos valeurs (ou à celle qui sont affichée sur le mur dans le hall d’entrée…)? Avant d’aller voir le délégué syndical ou la directrice des ressources humaines, pourquoi ne pas simplement avoir une discussion franche et ouverte avec votre patron.

Alors que j’étais un jeune gestionnaire inexpérimenté, j’aimais bien quand un de mes employés venait me voir pour discuter dans mon bureau seul à seul sur l’écart entre mes actes et mes valeurs ou les siennes. Cela me permettait de prendre un peu de recul et de voir les choses sous une perspective différente.

Lorsque j’étais employé, je n’étais pas du genre à « challenger » les décisions de mon patron, et je pense que cela m’a créé beaucoup de frustrations. Je critiquais dans ma tête les décisions, mais je devais vivre avec. Paradoxalement, les employés que j’appréciais le plus lorsque j’étais gestionnaire étaient ceux qui n’hésitaient pas à me faire part de leurs réserves sur certaines de mes décisions. Cela me permettait de maintenir le canal de communication ouvert et j’avais tendance à les consulter davantage avant de prendre mes décisions, ce qui leur permettait d’avoir un impact réel sur leur travail.

Votre patron s’attend désormais à ce vous vous investissiez à fond dans votre travail, soit, mais comment mettre son cœur et son âme au service de son organisation sans risquer de se le faire prendre.

Tout d’abord, la décision de partager ou non certains aspects très personnels devrait demeurer sous le contrôle de chacun. Bien que souhaitable pour tous, ce n’est pas tout le monde qui est prêt à faire preuve d’authenticité. Chacun à son jardin secret où seule la confiance nous permet d’accéder. Aussi, pour éviter d’offenser l’autre sur ses croyances, le langage devrait demeurer le plus neutre possible. Aucune référence à une religion ne devrait être tolérée.

Lorsqu’on touche des cordes sensibles, il vaut toujours mieux peser ses mots. L’idée n’est pas d’adhérer à toutes les valeurs de votre patron, mais d’être mutuellement ouverts à une discussion honnête sur ces aspects personnels.

Donnez votre couleur à votre organisation :

  • Demandez à pouvoir personnaliser votre environnement de travail.
  • Demandez toute l’information que vous jugez nécessaire.
  • Évitez de dissocier vos valeurs de vos activités quotidiennes.
  • Soulevez les contradictions entre les actes et les paroles.
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Pascal Veilleux

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