Matières à réflexion

Je suis de retour de vacances ce matin ! En faisant mon ÉNORME revue de l’actualité technologique, j’ai découvert un article qui a piqué ma curiosité. Il s’intitule : Danger : hypercentralisation. Ce titre accrocheur a éveillé en moi de l’intérêt, puisqu’il suggère une vision différente du web 2.0. La plupart des articles concernant le web 2.0 ou l’entreprise 2.0 vantent les mérites de ces nouveaux outils ou nouvelles philosophies de gestion.  Toutefois, j’aime bien une fois de temps en temps être remis en question!

L’auteur Thierry Crouzet se questionne sur la réelle ouverture du nouveau web. Voici un extrait du texte où il parle de l’ouverture du nouveau web :

…Les blogs prospérèrent ainsi parce qu’ils se liaient entre eux, sans la moindre retenue. On n’avait plus peur d’envoyer des visiteurs chez les autres, on jouait le gagnant-gagnant.

Mais cet état d’esprit n’est-il pas en train de changer, parfois sous le couvert même de l’ouverture ? Quelques exemples.

1. YouTube, Dailymotion, Flickr… Ne publiez plus vos contenus chez vous, publiez-les chez nous. Au profit de cette centralisation, techniquement sans grand intérêt, nous allons gagner du fric sur votre dos (et avoir la capacité de vous censurer à volonté). Pourtant il suffirait de quelques logiciels open source installés chez tous les hébergeurs, logiciels qui existent déjà, pour que tout le monde puisse conserver la maîtrise de ses contenus. Par ailleurs, la ventilation des contenus réglerait automatiquement les problèmes de bande passante.
2. Second Life. Plutôt que de créer un site web en 3D avec une technologie de type VRML, allez le créer sur une plate-forme propriétaire. C’est ouvert on vous dit, vous êtes libre d’y faire ce que vous voulez… oui, sauf que Second Life est le produit d’une entreprise ce que n’a jamais été le web. Avec Second Life, on vous enferme dans un univers, on vous met sous le joug d’un pouvoir central.
3. Twitter. N’écrivez plus sur votre blog mais sur les mini-blogs de Twitter. Mais pourquoi ne pas ajouter aux blogs existant des fonctions de twitterisation ? C’est possible, c’est simple, c’est décentralisé.
4. Facebook, Dodgeball… Pourquoi aller sur ces plates-formes pour se décrire et lister ses amis ? On pourrait très bien imaginer de se décrire sur son site personnel, avec un format open source, et se linker tout simplement avec les amis qui feraient de même.
5. Google. Pourquoi centraliser la cartographie du web dans d’immenses datacenters qui consomment plus d’énergie que des villes de 100 000 habitants ? Encore une fois pour maîtriser l’information créée par les autres. Il y a pourtant d’autres pistes : la recherche partagée en P2P.
6.
Je pourrais presque étendre cette liste à tous les succès du web 2.0. L’ouverture n’étant pas profitable, car les gains sont distribués, on en revient à l’hypercentralisation pour monnayer les services. Au passage, on risque de tuer internet tel que nous l’avons connu à ses débuts, on risque de tuer la liberté.

Il va sans dire que la réflexion est frappante. Je crois effectivement qu’il y a un risque à l’utilisation abusive des nouvelles technologies par rapport à la simplicité et à la liberté d’action des open sources. Toutefois, ce n’est pas vraiment l’outil qui est un risque, mais plutôt l’usage que l’humain en fait…

Bonne réflexion!

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Caroline Gagnon

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